21 décembre 2008
Aujourd'hui,
c'est le comble, le jour est tombé tellement tôt que j'ai à peine eu le
temps de le voir. On est dimanche, alors,
c'est normal, on se lève plus tard qu'à l'ordinaire, on fait une
petite sieste et hop, voilà, c'est la nuit noire. Mais où est donc cet
homme bâté de Mârco Valdo M.I.. Il me fait encore attendre,
sans doute est-il encore dans sa sieste ou batifole-t-il encore ? Et
moi qui ai hâte de rentrer...
Tiens,
mais tu es déjà là, mon bon Lucien, dit Mârco Valdo M.I.. Si j'avais
su, j'aurais pressé le pas. Mais je suis venu sans
trop courir, car on est dimanche et que, vois-tu, le dimanche, on se
lève un peu plus tard qu'à l'ordinaire, on fait un bon repas, on
trinque un peu, puis, normal, on fait une sieste, parfois
courte, parfois plus longue, et comme c'est le solstice d'hiver,
hop, la nuit tombe en même temps que le jour et voilà, on se réveille
dans la nuit noire en plein après-midi. On ne sait plus où
on en est ... Enfin, y a pas de mal, je suis arrivé.
Oui,
je le vois, malgré cette nuit d'encre, dit Lucien l'âne en écarquillant
ses yeux d'encre comme la nuit. Il faut dire aussi
que la journée a été courte, non seulement le jour s'est couché bien
tôt, mais il s'était levé bien tard. Bref, une journée d'à peine huit
heures. C'est bien court.
Bon,
laissons cela, il n'y a pas beaucoup plus à en dire et puis, dit Mârco
Valdo M.I., on a peut-être, l'une ou l'autre chanson à
découvrir. Je te dis ça, car tu aurais pu croire que nos amis de la
Chanson du dimanche allaient se remettre à la tâche et nous proposer
l'une ou l'autre composition nouvelle pour meubler les
dimanches, où – sans cela – comme les enfants et les parents dans la
chanson de Trenet, tu pourrais t'ennuyer. Allez, je vois à tes oreilles
en points d'interrogation que tu ne la connais pas
cette chanson-là. Je t'en offre un bout pour commencer. Comme ça, de
mémoire :
Les enfants s'ennuient le dimanche.
Le dimanche, les enfants s'ennuient.
En knickerbockers ou en robes blanches,
Le dimanche, les enfants s'ennuient.
Vienne vienne
La semaine,
Lundi mardi jeudi,
Car la rue est toujours pleine
De lumière et de bruit !
...
Les parents s'ennuient le dimanche.
Le dimanche, les parents s'ennuient.
Avec leurs lorgnons et leurs barbes blanches,
Le dimanche, les parents s'ennuient.
Vienne vienne
La semaine,
Lundi mardi jeudi,
Car la rue est toujours pleine
De lumière et de bruit !
Je vois à ton air et au frétillement courbé de tes oreilles que tu te demandes ce que peuvent être des knickerbockers. En
fait, ce sont des pantalons comme ceux de Tintin, qui s'arrêtent à mi-mollets.
Moi,
dit Lucien, je te remercie, mon cher Mârco Valdo M.I., mais je ne sais
plus où j'en suis. Que voulais-tu dire avec la chanson
du dimanche ?
Ah,
oui ! Et bien, ceci précisément. Qu'ils nous ont abandonnés à l'été et
depuis plus grand chose, je veux dire le dimanche. Bien
sûr, ils font des concerts ici et là. Mais, rien le dimanche.
Singulier quand on s'appelle la chanson du dimanche. Mais je te dis tout
cela car nous, on est un peu tenu de proposer des canzones
du dimanche. Je veux dire que je suis tenu de t'en proposer.
Ah oui, dit Lucien, mon cher Mârco Valdo M.I., que serait un dimanche sans chanson. Ce serait comme une église sans messe, une
pin-up sans fesses... si tu vois ce que je veux dire.
Pour la pin-up, j'imagine mal, mais je comprends ton angoisse. Alors, mon cher et bien aimé Lucien, je t'ai concocté un petit
intermède de canzones. Tu m'en diras des nouvelles...
Je t'écoute, dit Lucien. Mais si tu veux bien fais-moi d'abord une petite présentation que je sache à quoi
m'attendre.
Bien
sûr, volontiers, mon cher Lucien, d'autant qu'elles sont toutes
fraîches dans ma tête, ce sont des canzones que j'ai
traduites pas plus tard que cette semaine et de plus que la première
est une canzone de notre ami Riccardo Venturi. Elle raconte l'invention
de la guerre au terrorisme; elle dit en quelques mots,
comment et pourquoi, ils voient des terroristes partout. Comme tu le
sais, le terroriste est apparu assez récemment dans l'histoire; c'est
une marionnette de fabrication contemporaine. Par
exemple, juste pour situer l'affaire, on a toujours tué des rois et
un tueur de roi – prenons Ravaillac, on l'appelait un régicide. Il y a
toujours eu des gens qui se battaient contre les
occupants de leur pays, de leur région... Les occupants les ont
toujours discrédités. Souviens-toi de la guerre de libération des Grecs
contre l'empire ottoman ou des innombrables luttes de
Polonais pour leur indépendance... Enfin, tout ça pour dire que les
faits ne sont pas nouveau; ce qui est nouveau, c'est l'invention de la
guerre mondiale au terrorisme. Comme bien tu penses,
c'est là un épisode de la fameuse guerre de cent mille ans que
mènent les riches et les puissants contre les pauvres et les désarmés.
D'accord. Je suis assez d'accord avec toi. Enfin, j'en saurai sans doute plus avec la chanson de Riccardo Venturi. Mais dis-moi,
Mârco Valdo M.I., quelles sont les autres chansons que tu vas me présenter ?
La
deuxième est une chanson du groupe Gang qui fait le point sur l'histoire
des soixante dernières années; en somme de la période
qui va de l'effondrement du Reich nazi et de l'Impero fasciste à nos
jours. Elle se présente sous la forme de l'histoire d'une rue qui
s'appelle la rue d'Italie et elle décrit ce qui s'y passe.
Et la troisième canzone de ce dimanche, quant à elle est une canzone
que d'aucuns estiment être « la » canzone de Fabrizio De André, c'est
une sorte de prière... Mais je te laisse
découvrir, les canzones et le commentaire que j'ai fait...
Allons-y, alors. Je suis impatient de les découvrir, dit Lucien en pointant cette fois ses oreilles vers le noir du ciel
d'hiver.
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