23 mai 2013
LE RÉFÉRENDUM DE BOLOGNE (SUITE 3)
ÉCOLE PUBLIQUE : LE RÉFÉRENDUM DE BOLOGNE NOUS CONCERNE
TOUS.
in micromega – micromega-online
(http://temi.repubblica.it/micromega-online/scuola-pubblica-il-referendum-di-bologna-riguarda-tutti/)
Comme on le verra ci-après, le référendum de Bologne sur la pertinence des financements publics aux écoles catholiques concerne tous les Italiens. « Car Bologne concerne Rome. Le Parlement et l'État Pontifical. Les lois, les pactes et la Constitution italienne. »
On ajoutera... et toute l'Europe, car la question est brûlante partout et partout, on assiste à une offensive lourde principalement de l’Église catholique (ECAR : Église catholique Apostolique et Romaine) qui, atteinte de boulimie financière, se jette avec avidité sur toutes les subventions, tous les subsides, toutes les dotations possibles au détriment des autres confessions et bien entendu, de l'intérêt public, au mépris de l'ensemble des citoyens. En somme, elle se conduit très exactement comme le fait une mafia...
Elle l'a toujours fait, c'est un fait historique que nul ne pourrait mettre en cause. Mais on doit se demander pourquoi elle devient plus vorace encore que par le passé... La réponse est sans doute à chercher bien évidemment dans son avidité, dans sa cupidité légendaires, mais aussi dans l'effondrement des ressources qui lui sont allouées par ses (in)fidèles. Les églises se vident, leurs caisses aussi.
Elle avait perdu la dîme, il y a bien longtemps et elle avait réussi à se faire entretenir par les pouvoirs publics, d'une part et lorsque d’autre part, elle n'arrivait pas à les séduire, elle se tournait vers le « peuple de Dieu ». Mais précisément, ce peuple se détourne de l'Église et le tronc du culte reste de plus en plus souvent démuni.
Elle avait trouvé le biais de faire financer ses écoles, prétextant de la qualité de son enseignement... Mais ce mythe-là aussi se dissout et la voilà, cette séniorie de croyants costumés, qui livre un combat féroce pour sa survie...
L'affaire de Bologne prend ainsi tout son sens, car - on lira par ailleurs le discours que Piero Calamandrei faisait il y a plus de soixante ans « en défense de l'école publique » - la victoire des « référendaires » à Bologne pourrait remettre sur ses pieds l'article 33 de la Constitution italienne et imposer son application partout – ce qui reviendrait à supprimer toute subvention à l'enseignement prive, essentiellement catholique. Au-delà, cela empêcherait la privatisation de l'enseignement, sa mercantilisation, sa soumission aux lois du « marché » et sa vassalisation à l'économie.
Citoyens, encore un effort pour devenir laïques.
Honneur au mérite du comité référendaire de Bologne « Article 33 », qui a mis définitivement à nu, et aux yeux de tous les
citoyens italiens, le scandale du financement public des écoles privées.
Évidemment
pleins d'appréhension, la Commune de Bologne, le Vatican et le Parti
Démocratique ont décidé de mettre en ordre de bataille leurs troupes
d'assaut (hauts
prélats, politiciens, académiques, intellectuels, fonctionnaires de
parti les plus bariolés) pour défendre le statu quo et attaquer les
initiateurs d'un référendum qui érode la certitude
granitique d'un pacte scélérat, ce pacte cathocommuniste qui
produisit en 2000 la loi n. 62 sur les écoles paritaires. Juste un an
auparavant, en 1999, Rocco Buttiglione avait présenté un projet
de loi qui substituait ainsi le troisième alinéa de l'article 33 de
la Constitution : « des organisations et des privés ont le droit de
créer des écoles et des instituts d'éducation »,
en rayant la mention « sans charges pour l'État ». On ne peut certes
nier que Buttiglione avait les idées claires mais, hélas, il ne devint
ministre de l'Instruction. À sa place, de
bonne volonté Luigi Berlinguer résolut plus ambigument la question
avec une loi ad hoc, qui, en respect aux propositions élaborées du
Groupe National École Catholique de CEI, reconnaissait aux
écoles privées paritaires (catholiques) une fonction publique et les
insérait dans le système national d'instruction.
D'alors,
et en contournant la Constitution, les financements directs et
indirects aux susdites écoles n'ont jamais manqués. Et, par dessus le
marché, avec la loi et les
décrets d'actualisation sur l'autonomie scolaire (autre utile cadeau
de la gauche) les interventions et les ingérences du privé dans l'école
d'État ont progressivement augmenté, en plus des
contributions pseudovolontaires des familles, aux accords de réseau
école-entreprise, aux sponsors, à la naissance d'écoles d'entreprise et
du patronat, aux conventions et aux privatisations des
écoles publiques pour la tranche de 0 à 6 ans.
Ce
qui est en jeu dans
le référendum de Bologne est très important. Il révèle un sous-bois
de mensonges, d'hypocrisies, de manipulations de la réalité,
d’idéologisme, de mauvaise conscience. On a accusé le comité
référendaire d'en appeler à la Constitution de mauvaise foi, de
vouloir laisser les enfants de Bologne sans école, de forcer le maire
Merola à manquer à son programme de gouvernement. Accusations
infondées, mensonges réitérés.
Nous
autres, Italiens, nous savons qu'il n'en est pas ainsi. Et aujourd'hui
finalement nous sommes appelés officiellement à exprimer notre
opinion, à travers la voix des Bolognais. Car Bologne concerne Rome. Le
Parlement et l'État Pontifical. Les lois, les pactes et la
Constitution italienne.
La
Curie
se mobilise car la presque totalité des écoles privées paritaires en
Italie sont catholiques. Et la Curie ne veut renoncer ni à ses
financements, ni au maintien de son réseau capillaire d'écoles
confessionnelles, qui lui permet de conjuguer catéchisme et
instruction. Le Parti Démocratique italien se mobilise car il est
catholique sans jamais avoir été laïque. Le Parlement sera vite face
à un problème qu'il ne pourra plus occulter, ni différer.
La
Constitution est claire : la République institue des écoles d'État pour
tous les types et tous les degrés. Les privés qui veulent créer leurs
écoles,
confessionnelles ou non, peuvent le faire mais sans charges pour
l'État.
Et les citoyens bolognais, le 26 mai prochain, le diront en nom et pour le compte de tous les Italiens.
(9 mai 2013)
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