22 octobre 2008
Et
bien Mârco Valdo M.I., tu m'as l'air un peu désabusé, on dirait que tu
es fatigué ou que c'est
encore une fois, un effet du raccourcissement des jours ?, dit
Lucien l'âne en se dressant sur la pointe des sabots pour mieux se faire
entendre.
Ne
t'inquiète donc pas, Lucien mon très cher ami, je ne suis ni malade, ni
trop fatigué, simplement j'avais la tête ailleurs. Je
méditais, je songeais, je ne sais trop. D'ailleurs, tu m'as tiré
comme d'un monde vide où je nageais dans une sorte de brouillard. Mais
cela n'est rien, rassure-toi. C'est même plutôt bien d'être
ainsi un peu rêvasseur. En fait, c'est tout simplement un moment où
le grand brassage des faits, des idées, des événements, des bruits, des
sensations, des sentiments s'opère et où en quelque
sorte, la pensée s'élabore en toute liberté. Ce sont tout au
contraire de très grands moments, très importants et crois-moi, plus
c'est flou, plus c'est vague, plus on dirait qu'il ne se passe
rien, plus c'est important.
Oh, oh, dit Lucien l'âne pour se différencier de Bosse-de-Nage le singe du docteur, qui ne sait dire que ah, ah. Excuse-moi de
t'avoir troublé un pareil moment. Je suis vraiment confus. Si seulement, j'avais su...
C'est
bien cela, dit Mârco Valdo M.I.. On ne sait jamais et d'ailleurs, à mon
avis, on ne se pose pas la question. Je dois dire à
ta décharge que je fais souvent comme toi. Véritablement, on ne peut
pas savoir. Et puis, c'est sans doute aussi une bonne chose, sinon on
s'abîmerait en soi. Mais une dernière réflexion sur la
pensée, sur ce flux flou; à ma connaissance, personne n'est encore
arrivé à vraiment saisir ce qui se passe dans ce magma. Je dirais que
c'est à la fois, une mise en ordre, une mise en désordre,
un bouleversement, une espèce de tentative désespérée de maîtriser
le flux flou. Parfois, la lave jaillit à l'état pur et avant de se
transformer en définitives scories, elle illumine. C'est le
phénomène de création, ce moment poétique par excellence. Et quand
je t'ai dit tout à l'heure que j'avais la tête ailleurs, c'était
évidemment allégorique, mais il vaudrait mieux dire que l'on a
la tête en dedans d'elle-même et la voilà comme un nuage partie à
explorer le ciel devant elle. Je ne vais pas analyser ce processus
magmatique. D'abord, car je n'en vois pas la
façon...
Passons,
passons, dit l'âne un peu plus éberlué encore qu'au début du débat. Je
vois bien, Mârco Valdo M.I., que je t'ai sorti de
tes profondeurs intimes, mais rappelle-toi que tu m'as promis la
suite de cette histoire de trahison et je suis très curieux de connaître
le sort de notre ami Paolo. Est-ce que cette bande de
Koch va finir par l'attraper ? Enfin, dis-le moi...
Tu
as raison, mon ami Lucien. Je vais te dire la suite à l'instant.
Cependant, quelques commentaires me viennent à l'esprit,
notamment en ce qui concerne ce joyeux luron de Guglielmo Blasi. Je
ne sais si tu partageras mon point de vue, mais je trouve que c'est une
fameuse crapule et que le tuer ne règlerait rien,
surtout si on ne peut pas le trouver. Mais en plus, je crois qu'il
vaudrait mieux le laisser boire le calice de la honte pendant très
longtemps. Quoique, je ne sais pas finalement quelle aurait
été réellement ma réaction. Je crois bien que si je l'avais trouvé
sur mon chemin, ou si j'avais su où le trouver, je l'aurais soumis à une
séance didactique définitive. Si tu vois ce que je veux
dire. D'ailleurs, je crois que je t'ai déjà raconté ce qui est
arrivé à ce traître qui avait – entre autres - dénoncé mon propre père
et auquel on est allé expliquer qu'on n'appréciait pas trop
ses manières. Après cette explication musclée et définitive, il n'a
jamais plus dénoncé personne. Tu vois, c'est parfois difficile de
formuler un avis, on dit une chose et en même temps, on en
pense une autre. On se dit, on se contredit.
C'est
bien ennuyeux çà, mon ami Mârco Valdo M.I.. Surtout quand on veux
savoir ce que tu penses. M'est avis que tu penses trop et
que tu donnes trop de liberté à ton troupeau d'idées sauvages.
J'espère pour toi qu'elles sont d'une espèce migratrice ; comme ça, au
moins, pendant une partie de l'année, elles s'en vont au
loin.
Là,
mon bon ami Lucien, tu te moques, tu me charries. Mais tu n'as pas
tort, il faut parfois revenir sur le terrain. C'est
précisément ce que je voulais faire en te parlant de ce que je vais
te conter aujourd'hui. Mon deuxième commentaire serait pour dire que -
je le tire de ton intérêt pour cette histoire – le genre
du feuilleton n'est pas mort. Les journaux l'ont abandonné en
croyant que ce qui se passait sur les écrans suffisait et avait condamné
ce brave vieux feuilleton... Quelle erreur, tant qu'il y
aura des ânes... Souviens-toi Lucien que toi-même tu es né d'un
feuilleton, que Don Quichotte, Rossinante, Sancho, son âne, Dulcinée –
la célèbre Dulcinée du Toboso (et non du Tabasco, comme je
l'ai entendu dire... une dame piquante, je suppose, celle-là) sont
nés pareillement, de même que Tristram Shandy (dont la naissance occupe
quand même les sept cents pages du roman de Sterne), son
oncle Toby et bien d'autres, comme les Mousquetaires, Rocambole,
Fantômas, Sandokan, dont je parlais l'autre jour, Ulysse, Ménélas,
Agamemnon et tous les héros d'Homère sans doute aussi. Un
feuilleton oral, mais un feuilleton avant la lettre. D'ailleurs, je
me demande s'il eût été possible de faire autrement. On ne peut garder
en soi une histoire si longuement... Encore que certains
romanciers ont ainsi fait... Voire, s'ils ne se la racontaient pas à
eux-mêmes, pour l'essayer, comme Flaubert dans son gueuloir.
|
T H E
L I F E
A N D
O P I N I O N S
O F
TRISTRAM SHANDY,
G E N T L E M A N.
Tarassei tous Anthropous ou ta Pragmata,
alla ta peri ton Pragmaton, Dogmata. V O L. I. THE THIRD EDITION.
L O N D O N :
Printed for R. and J. DODSLEY in Pall-Mall. M.DCC.LX. |
Ce que j'aime dans le feuilleton, mon ami Mârco Valdo M.I., dit l'âne, c'est la petite parenthèse finale : (Suite au prochain
épisode). Vraiment, je l'adore. Mais quand même, cela ne doit pas t'empêcher de me dire la suite, précisément.
Alors, allons-y.... Comme d'habitude, je reprends un peu avant la fin du feuilleton précédent. Histoire de te remettre dans le
bain. Blasi (cet ignoble individu) avait trahi et s'était ainsi tiré du mauvais pas qu'il avait accompli.
Guglielmo
Blasi résolut de cette façon ses comptes avec la police fasciste et sa
situation économique. Il participa aux vols de la
bande Koch et empocha les primes de ceux d'entre nous qu'il réussit à
prendre.
Il a
continué sa carrière même après la libération de Rome, en suivant Koch
et sa bande à Florence et à Milan. À la fin de la guerre,
il fut arrêté et condamné à perpétuité.
Il
sortit de prison après 15 ans et il retourna à Rome dans sa maison de la
via del Leoncino. Il y a un certain temps, il rencontra un
camarade Luigi Moro. Il osa le saluer. Luigi Moro, sous le
pseudonyme de Nino, avait été le commandant des GAP de la zone VI et il
avait été arrêté par Koch.
Par une
étrange faiblesse, Guglielmo Blasi l'avait en sympathie; il l'avait
dénoncé, mais il n'avait pas révélé que c'était le
commandant d'une des zones des GAP et, bien qu'il n'ait pu obtenir
qu'on lui épargne les tortures auxquelles se laissaient aller
habituellement ses camarades et lui-même, il chercha à l'aider en
lui donnant des nouvelles de sa famille, en lui portant de temps en
temps un peu de nourriture.
Guglielmo
Blasi rencontra donc Moro après sa sortie de prison et il l'arrêta en
rue. Il l'appela même par le pseudonyme que Moro avait
porté pendant la Résistance. « Nino », lui dit-il, « comment va ? »
et face à l'évidente perplexité et à l'étonnement de Moro, il suggéra :
« Tu ne me reconnais pas
? ». « Si, je te reconnais, mais il vaut mieux que tu ne te fasses
pas voir par moi. »
« Mais j'ai été brave avec toi », osa affirmer Guglielmo Blasi .
Il
était vieux désormais et maladif. Moro n'eut pas le courage de lui
répondre comme il le méritait. Il lui dit seulement :
« Va-t-en. La prochaine fois que tu me rencontres, dégage. Tu es
trop mal en point pour que j'aie envie de te donner la leçon que tu
mérites, mais ne te fais plus voir par moi car une autre
fois, ça pourrait être différent. »
Un
jour, après son arrestation Spartaco qui avait déjà subi des violences
et des tortures au cours de nombreux interrogatoires fut
emmené dans le bureau de Koch. Devant lui, Koch compta un million et
le remit, en se faisant donner le reçu administratif régulier, à celui
qui l'avait arrêté. Il s'agissait d'un gros débours; un
million de cette époque valait plus de cent millions d'aujourd'hui.
Cela fut fait avec la méticulosité régulière des opérations
administratives, surtout quand il s'agissait d'aussi grosses sommes
: timbres, signatures, reçus.
Koch –
haut, maigre, élégant, avec ses cheveux bien peignés – affable souriait
vers ses collaborateurs, mais aussi en direction de
Spartaco. Il chercha à engager une conversation, puis subitement, il
lui dit : « Tu vois, Spartaco, nous payons bien qui nous sert. Voici un
million pour toi aussi. Dis-nous où est
Paolo. »
Spartaco lui répondit en lui crachant à la figure.
La tentative de faire parler mes camarades se fracassa contre leur courage et leur capacité à surmonter les tortures les plus
inhumaines.
Spartaco fut massacré de coups. Je le revis après la Libération; il avait encore le visage tuméfié, les yeux écrasés, réduits à une fente au travers de laquelle palpitait la lumière de ses pupilles, les membres, surtout aux articulations gonflés et douloureux.
Spartaco fut massacré de coups. Je le revis après la Libération; il avait encore le visage tuméfié, les yeux écrasés, réduits à une fente au travers de laquelle palpitait la lumière de ses pupilles, les membres, surtout aux articulations gonflés et douloureux.
Raoul Falcioni et Duilio Grigioni eurent aussi un traitement particulièrement féroce.
Duilio
était le vieux portier dans la cantine duquel nous avions trouvé refuge.
Nous lui avions confié le secret de la vie de chacun
de nous. Il était le seul à connaître, pour nombre d'entre nous, le
nom et l'adresse; c'est à lui que nous avions remis les lettres que nous
avions préparées pour nos familles, si, dans le cours
d'une action, nous étions tombés et que nos mères auraient été
contraintes à ne plus nous voir.
Nous
étions persuadés que sa situation était plus tranquille que la nôtre et
de plus, ,nous pensions que sa généreuse trempe de vieil
homme du peuple, d'ancien anarchiste, résisterait à toute torture.
Seuls Duilio et Spartaco auraient pu nous trahir et ils furent ceux qui
subirent les pires tortures.
Duilio
fut étendu à terre, bras et jambes écartelés, liés avec des cordes et
tirés de sorte à ce que tout mouvement lui fut
impossible. Les fascistes de Koch, du haut d'une table lui sautaient
à pieds joints avec leurs bottines à clous sur l'abdomen et sur le
thorax. Il eut les côtés fracturées. Ils le frappèrent à
coups de pied sur ses fractures.
Quand
il s'évanouissait, ils lui jetaient un seau d'eau au visage et ils
recommençaient à l'interroger, à lui donner des coups de
pied, sans lui laisser de répit, pendant des heures et des heures.
« Où est Paolo ? Où est Elena ? Qui est Paolo ? Où se trouve Paolo ? » .
Il ne dit pas un mot.
De la
via Romagna, nos camarades furent transférés à la via Tasso. Les
interrogatoires et les tortures reprirent. Les Allemands
voulaient tous les GAP pour organiser un procès retentissant. Ils
revoulaient Cola, à côté de Spartaco sur le banc des accusés et ils
voulaient aussi Paolo, Elena et Giovanni. Mes camarades ne
parlèrent pas. Ils ne dirent rien et les Allemands n'eurent aucun
élément qui pu les mettre sur la bonne voie. Vu l'inutilité de toute
pression et de toute torture, ils condamnèrent à mort leurs
victimes. Spartaco et Raoul devaient être fusillés le 4 juin, à
l'aube.
Mais le
4 juin, les Alliés arrivèrent à Rome. Alors, les Allemands chargèrent
nos camarades sur un camion pour qu'avec d'autres
prisonniers placés sur un autre camion, ils fussent conduits à la
Storta et assassinés. Spartaco et les autres, à l'aube du 4 juin,
montèrent sur ce véhicule pour ce voyage qui devait être
l'ultime. Puis, contre toute attente, le camion qui suivait
immédiatement le leur et qui était occupé par une escorte nazie, fut
saboté. Alors, les ennemis, qui étaient trop pressés de s'en
aller, remirent leurs prisonniers dans les cellules de la via Tasso
et prirent, pour repartir, le camion qui était, de ce fait, devenu
disponible. Ce banal incident sauva la vie de nos
camarades.
La
capacité de nos camarades à un si long temps face aux tortures –
capacité, du reste égale à celle de centaines de combattants
romains comme Labo, Marchesi, Gesmundo, Mattei, Maurizio Giglio –
fut incroyable. Je pense qu'il est beaucoup moins dur de mourir que
d'affronter une telle épreuve.
Aucun
homme, selon moi, n'est en mesure de garantir une résistance absolue à
ces méthodes d'interrogatoire. Seul celui qui y est passé
et qui a réussi à ne pas céder peut avoir la certitude d'en avoir
été capable.
Un an
après la Libération, ma sœur a épousé un de mes camarades et collègue,
Faustino Durante, dont les Allemands avaient fusillé en
mai 1944, deux frères : Marco et Bruno. Les frères Durante, élevés
et guidés à la lutte par leur père Antonio, un instituteur antifasciste
qui avait toujours maintenu une opposition ferme au
régime, dirigeaient une organisation partisane dans la haute vallée
du Liri.
Un de
leurs hommes pris par les Allemands parla. Faustino et son père
réussirent à échapper à la rafle des Allemands; Mario et Bruno,
au contraire, avec les autres, furent torturés et tués à
Tagliocozzo.
Quelques
temps après leur mort, Faustino rencontra le partisan qui avait indiqué
aux Allemands leurs noms et leurs positions. Il lui
courut après et celui-ci ne s'enfuit pas. Il l'aborda en hurlant,
l'attrapa par les bras et il ne se défendit pas. « Tu as raison », lui
dit-il, et il pleurait. « Mais d'abord,
laisse-moi te raconter. Ils m'ont pris, ils m'ont lié sur une
chaise, ils m'ont tenu éveillé - sans manger, sans boire, et, debout
derrière moi, ils m'ont frappé sur la tête avec une tablette,
pendant deux jours. Puis, j'ai parlé. Je suis une charogne, mais je
n'aurais pas pu faire autrement. Tu as le droit de me tuer. »
« Va-t-en! », lui dit seulement Faustino.
La chute des Gap posa un grave problème au Commandement, qui perdait ainsi l'instrument le plus décisif de son action
militaire.
Entretemps,
Antonello Trombadori, qui avait avec d'autres prisonniers partisans
échappé à l'appel pour le massacre des Fosse
Ardeatine, puis transféré de la prison de Regina Coeli aux travaux
forcés sur le front d'Anzio, avait réussi à s'évader et était revenu à
la lutte. Avec Valentino Gerratana, il s'employa
immédiatement à la reconstruction des GAP (Groupes d'action
patriotiques) qui puissent recueillir et développer notre héritage, en
utilisant les camarades qui s'étaient distingués dans les GAS
(Groupes d'action étudiants) et dans les Gap de zones. Maurizio
Ferrara, Luciano Vella, Alfredo Reichlin, Gastone Mazzoni, Giovannella
et Lucy Ribet, Leoni, et d'autes camarades renouèrent les
fils de l'organisation centrale des GAP et reprirent l'activité
militaire d'avant-garde en ville.
Nous,
les rescapés de l'organisation primitive, nous restâmes quelques jours à
Rome en attente d'être transférés dans les zones de
montagne où opéraient les brigades partisanes.
Par
l'entremise de Mario Fiorentini, nous parvint l'ordre catégorique de ne
pas sortir de nos refuges jusqu'au jour où serait décidé
notre départ pour différentes zones de la guérilla de montagne.
Ce fut
un ordre que nous ne respectâmes pas complètement. Nous étions
profondément perturbés par cette période de lutte? La faim, les
difficultés, la rage contre l'ennemi et contre la trahison, la
douleur que nous éprouvions à la pesée de nos camarades qui allaient
être fusillés étaient tous des motifs valables pour nous
pousser à la désobéissance. Il nous fut impossible de séparer par
une cloison notre vie de notre passé récent.
Nous
n'étions pas habitués, comme tant d'autres, à rester enfermés chez nous
en attente de temps meilleures. Après quelques minutes,
les pièces devenaient des prisons et nous sentions l'exigence de
sortir dans les rues de notre vielle pour nous sentir encore participer à
cette atmosphère, à cette lutte à laquelle nous ne
voulions pas renoncer. Nous avions le sentiment de ne pas pouvoir
renoncer à deux objectifs surtout : punir Blasi et libérer nos
camarades. Nous tournions dans les rues de Rome, affamés et mal
vêtus, avec nos pistolets en poche, avec nos mains serrées sur nos
pistolets sans sécurité, prêts à faire feu. Nous nos sentions
pourchassés, dans une tension qui exaltait la spontanéité de nos
sens et des nos réflexes et rendait notre choix plus lucide et plus
conscient.
La chasse que nous donnâmes à Guglielmo Blasi resta infructueuse, même si nous battions les quartiers qu'il parcourait pour nous
donner la chasse. C'était une idiotie et nous donnions à ce fait une valeur qu'il n'avait certainement pas.
Il se
servait des taxis réquisitionnés par les commandements allemands et
fascistes et qui avaient été mis à disposition des
différentes bandes de police. Chaque taxi que nous voyions de loin
ou qui passait à côté de nous à l'improviste, devenait pour nous une
probable occasion de combat. Nos muscles tendus, attentifs
à l'extrême, nos mains serrées sur la crosse de nos pistolets qui en
un éclair auraient tiré, pendant des heures, pendant des jours, nous
patrouillâmes dans la ville.
Nous
échafaudions les plans les plus incroyables – que le commandement
repoussait régulièrement – pour assaillir les lieux où étaient
enfermés nos camarades.
Pendant
des jours, Mario Fiorentini, Lucia et moi, nous avons passé au crible
la via Tasso et les rues limitrophes pour élaborer un
plan qui nous aurait permis l'assaut à la prison nazie. Nous nous
étions procuré les clés des immeubles qui se trouvaient devant la prison
de la via Tasso et dont les terrasses dominaient la
prison. Nous avions pensé à lancer de ces terrasses sur la rue et
sur l'édifice des grenades, de tailles diverses. Tout de suite après,
deux groupes de partisans, postés aux coins des rues,
auraient dû s'élancer contre l'ennemi en tentant de pénétrer dans
l'édifice et délibérer les détenus qui y étaient enfermés.
Selon
notre plan, nous devions emmener avec nous de nombreuses armes à
distribuer aux prisonniers auraient pu renforcer de cette façon
le groupe nécessairement modeste des assaillants et contribuer au
succès de notre action et à leur propre libération. Ce plan qui devait
être exécuté avec les Gap du PSI et du Partito d'Azione
fut toujours reporté et à la fin, il fut annulé.
À nous, il ne restait plus qu'à attendre d'être transférés en montagne.
À nous, il ne restait plus qu'à attendre d'être transférés en montagne.
(Suite au prochain épisode)
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