27 mai 2013
RÉFÉRENDUM DE BOLOGNE (4) (suite et fin
provisoire)
Non aux subventions pour les écoles
privées (catholiques)
Référendum
: scrutin achevé, le front qui demande l'abolition du subventionnement
par la Commune des écoles maternelles privées frôle les 60 pour cent. La
participation
atteint 28,7% des votants potentiels.
En
gros, il y a le camp laïque, qui
soutient l'enseignement public (A) et le camp confessionnel (en
fait, essentiellement catholique) qui soutient l'école privée.
En faveur de l'abolition(A) des subventions aux écoles privées (catholiques), se
sont rangés Sel (qui est dans la majorité communale avec le Pd) et le Mouvement 5 Étoiles.
Contre
l'abolition (B) et donc pour le maintien du
subventionnement aux écoles privées (catholiques), le Pd (à
commencer par le maire Virginio Merola), le Pdl, la Ligue, Choix Civique
et la Curie.
Lors
de la bataille, on a vu dans l'arène beaucoup de personnalités
importantes de la politique et de la culture nationale : premiers
entre tous, Stefano Rodotà (pour l'abolition du financement public
des écoles privées) et le cardinal Bagnasco (défendant – plaidoyer « pro
domo » – le subventionnement des écoles
catholiques).
Une
fois les urnes fermées et le dépouillement achevé, la nuit
bolognaise fut à deux visages : fête chez les vainqueurs – amertume chez
les vaincus.
Le
Comité Article 33
(A), qui avait imposé le référendum pour l'abolition du
subventionnement public des écoles maternelles paritaires (catholiques),
empoche une victoire plutôt nette : 59% contre
41 %.
La
participation, du reste, est incontestablement importante, pour un
référendum purement consultatif, sans obligation de vote et sans quorum :
85.934 citoyens y ont
participé.
Quant
au résultat du vote, il est assez clair : près de 60 % en faveur de (A)
la suppression des subventions publiques (communales) aux écoles
privées
(catholiques).
Ce
qui émerge des urnes est « un résultat dont
l'administration devra tenir compte », note le Comité Article 33.
« L'école publique – ajoute-t-il – a gagné le référendum malgré le fait
qu'une large entente de forces politiques et
économiques ait soutenu l'option B (maintien des subventions
communales aux écoles catholiques – on parle tout de même de plus d'un
million d'Euros par an) de tout son poids. Un résultat qui
envoie au pays le message : l'école de tous, laïque et gratuite, est
un bien commun et doit rester un droit comme prévu par notre
Constitution ».
Longues
figures, par contre, dans le camp « B » où l'espoir était de
vaincre dans les urnes. Aucun des principaux protagonistes, en
effet, n'avait fait campagne pour l'abstention. Au contraire même, le
maire Virginio Merola (P.D.) s'était démené dans une longue
série de rencontres avec la population pour l'inviter à participer
au vote et à rejeter la question référendaire. Néanmoins, la défaite
consommée, il n'a pas manqué de tenter de minimiser la
portée du résultat.
« Dorénavant
quelque chose changera sur le plan de la défense de la Constitution et
sur le plan de la défense de l'école publique. 85 mille personnes ont
voté.
C'est une ville, ce n'est pas un nombre exigu considérant l'éventail
de partis mobilisés contre ». Pour le collectif d'écrivains Wu Ming
« C'est un beau succès en considérant que nous
avions contre nous peut-être la plus large alliance de forces qu'on
ait jamais connu, qui a fait campagne non pour l'abstention, mais pour
aller voter B. En s'en tenant aux règles, maintenant la
Commune a trois mois pour décider. Les référendaires devront presser
la Commune. Le référendum a été fait pour rouvrir une partie, qui
aujourd'hui n'est pas finie mais qui
commence ».
« Dans
les référendums finalement comptent les nombres et les citoyens qui
souffrent de la crise et sont déterminés à arrêter le pillage des
ressources publiques sont de loin plus nombreux que les pouvoirs
économiques et politiques qui ont donné de la vie au grand
« arrangement », commente l'Union des syndicats de base.
« Je n'oublierai pas que le maire avait dit que de ce référendum repartirait le Pd, tant il était convaincu de l'emporter.
Au lieu de cela, les choses se sont déroulées
différemment et maintenant si Virginio Merola et le Parti démocratique
décident d'ignorer le résultat du scrutin d'hier et de
passer outre, ils finiront par se cogner ou par tomber dans un
précipice », prévient Massimo Bugani (M5S).
« Maintenant
abolition des
subventionnements ». « Dorénavant, notre objectif est d'exiger le
respect du résultat du référendum, c'est-à-dire l'abolition des
subventions aux écoles paritaires privées », a
réaffirmé Maurizio Cecconi (Comité Article 33) dans la conférence de
presse post-scrutin.
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