9 juin 2013
SORTIR DU TROUPEAU
Version française des Dernières Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (8 juin
2013) :
Précepte
laïque
Italiens, encore un effort pour sortir du troupeau !
Dans
le temps, les apostats étaient passés par les armes. Et ça arrive
encore aujourd'hui,
dans quelques pays islamiques. Toutefois, dans les pays occidentaux,
il n'est pas toujours aussi simple de quitter une religion, lorsqu'il
n'y a pas une autre religion qui vous attend. Nous
savons combien il est difficile pour des athées et des agnostiques,
même en Italie, de vivre, de manière ouverte et sans drame, l'incroyance
dans des contextes sociaux fortement imprégnés de
religiosité et où des préjugés envers les sceptiques sont répandus.
Il peut se passer dans des cas qui nous font honte, qu'on doive
s'affronter avec la famille ou qu'on vive dans l'incertitude un
certain isolement ; tout cela peut être très stressant du point de
vue émotif et psychologique, ou conduire à des attitudes destructives.
Par ailleurs, la religion fonctionne pour beaucoup
de personnes car elle représente un facteur de participation et de
socialisation et permet l'accroissement du capital social, de la même
manière d'autres groupes humains.
Comment
sortir de l'impasse où vit une certaine tranche d'incroyants ? Parmi
les solutions, il y a cette proposition de
l'association laïque Recovering from Religion, présente aux Usa et
en Grande-Bretagne. Elle propose une ligne téléphonique , lit-on sur un
blog de CNN, qui fournit un support aux incroyants
par un groupe d'écoute 24 heures sur 24. Les cas ne sont en effet
pas rares où certains craignent de s'affirmer publiquement ou sont
préoccupés du jugement de leurs familles et de leurs leaders
religieux, ou bien cherchent à entrer en contact avec d'autres
personnes aux idées semblables.
Comme
explique la directrice de Recovering from Religion, Sarah Morehead, il
ne s'agit pas « de convertir » à
l'athéisme, mais de fournir de l'aide ;« Souvent, les gens ont
seulement besoin de quelqu'un avec qui parler ». Elle même affirme
recevoir l'un ou l'autre appel par jour et des
centaines d'email par mois de la part de personnes qui exposent
leurs problèmes. De là est née l'idée d'organiser un service
professionnel. Notre association (l'Uaar) aussi d'ailleurs reçoit
beaucoup de messages et d’appels téléphoniques de ce type, bien que
notre aide ne soit pas de type psychologique, mais plutôt d’assistance
légale sur des questions comme le débaptême et l’heure
alternative (heure d'école à la place du cours de religion).
Le
schéma est semblable à celui du support LGBT ou des lignes anti-suicide
: celui qui en a
besoin peut appeler un numéro vert de manière anonyme. Pour répondre
il y a un expert, à qui exposer ses problèmes personnels. Le conseiller
fournit des solutions concrètes pour aider l'intéressé
à abandonner la religion d'une manière non-traumatique et à
rejoindre, s'il le veut, un groupe d'incroyants ou une communauté
religieuse dans sa zone. Les critiques de conservateurs et
d'intégristes ne pouvaient pas donc manquer, qui parlent de plan
pour augmenter le nombre des athées. Mais Morehead fait remarquer que
« la plupart des personnes qui nous contactent se sont
déjà engagées à leur manière pour devenir des incroyants ».
Aux
États-Unis, la croissance
des « nones » (sans [religion] – non affiliés) est maintenant
évidente, surtout parmi les jeunes. Et internet est un moyen très utile
pour permettre de rencontrer avec autres personnes
et de trouver des informations utiles qui renforcent la conscience.
Ces dernières années, vu l'intensité du phénomène, fleurissent les
groupes et l'assistance vers ceux qui abandonnent une foi.
Comme le Clergy Project, pour les prêtres et les religieux qui ne
croient plus en Dieu. Justement Teresa MacBain, ex-pasteur passée à
l'athéisme et à présent directrice du Project, voit
positivement la « help-line », affirme qu'elle l'aurait employée et
se propose pour le « conseil » : « elle est une autre manière pour les
gens de contacter quelqu'un de
manière anonyme et de parler des luttes qu'elles ont pour leurs
croyances ».
La
sécularisation toujours plus étendue change le panorama religieux
mondial
avec une profondeur jamais observée auparavant. Faire partie d'une
religion, ou mieux, seulement dire d'en faire partie, est toutefois un
phénomène qui a été toujours fortement aidé par le
mécanisme de la désirabilité sociale. C'est pour cela qu'il doit
être combattu : des athées et des agnostiques engagés ne font pas du
« prosélytisme » — car ils n'ont pas de paradis à
vendre ou de dogmes salvateurs — mais ils agissent pour créer un
monde dans lequel chacun soit réellement lui-même et libre de se
réaliser, et le plus possible imperméable à toute forme de
conditionnement social. C'est pour cela que l'Uaar a par exemple
promu le droit au débaptême [http://www.uaar.it/laicita/sbattezzo/] et a créé la section
Ecco gli atei e gli
agnostici (Voici les athées et les agnostiques) et le test « Scopri quanto sei
cattolico(Découvrecombien
tu es catholique) ». Et c'est pourquoi elle a lancé la campagne
« Bien Sans D ». Existent, dans la seule Italie, des millions
d'incroyants cachés. Tant qu'il en restera même seulement un, ici il y
aura de quoi
faire.
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