5 juin 2013
« NOUS VIVONS BIEN SANS
D... »
UNE CAMPAGNE DE L'UAAR.
Version française des Dernières
Nouvelles de l'UAAR – Union des Athées, Agnostiques et Rationalistes. (4 juin 2013) :
Texte italien :
http://www.uaar.it/news/2013/06/04/bologna-cagliari-milano-continua-campagna-uaar-viviamo-bene-senza-d/
Précepte
laïque
Italiens, encore un effort pour
devenir (tous) laïques !
Voilà
donc, les amis italiens de l'UAAR qui se lancent dans une nouvelle
campagne de sensibilisation et d'affirmation publique de l'existence
des athées, agnostiques... Bref, de laïques en Italie. On pourrait,
d’aucuns diraient même on devrait, s'en réjouir et trouver
que cette affirmation de dix millions de laïques en Italie est in se
une bonne chose... Qu'on nous permette d'en douter...
Cette
affirmation par le nombre n'est pas – d'un point de vue laïque – une
bonne idée... ni un argument recevable. Il n'y aurait qu'un seul
laïque (Ni Dieu, ni Maître) que la laïcité n'en serait pas déforcée, car
elle est un principe de vie et son fondement est tout
entier dans le « moi », dans le « io »... En cela, comme on le
verra, l'UAAR a raison. Notons au passage qu'une affirmation exacte ne
pourra jamais être anéantie par un nombre
infini d’affirmations erronées « E pur si muove... ». Dunque, on en
revient pour ce qui est de la vie humaine (le reste est hors de propos),
à ce que l'homme concret, individuel,
vivant, respirant... est la mesure de toutes choses. Pour la simple,
bonne et unique raison qu'il est le seul en état de mesurer. Autement
dit, sans homme, pas de mesure
(possible).
Par ailleurs, que la solidarité s'exerce entre tous ces humains laïques
soit une excellente chose, dans le principe et dans les faits... Là aussi, l'Uaar a raison.
Le
danger ( et l’origine de notre doute) est dans les
comptes d'apothicaires... et dans l'agonisme face aux religions.
Jamais, au grand jamais, sous peine de se perdre, le laïque et cette
nébuleuse de laïques qu'est la laïcité ne peuvent entrer dans
ce jeu de concurrence, ni ne doivent accepter d'être mis dans le
même sac que les sectes et les religions. Pour l'unique et solide raison
qu'ils les rejettent en bloc et sans aucune
discrimination. Reste à comprendre – hors Dieu qui n'existe pas et
dès lors, dans notre raisonnement, ne compte pas – ce qui caractérise
les religions et dès lors, ce qu'il conviendrait à toutes
forces d'éviter... La religion est précisément ce que l’étymologie
nous enseigne : un lien entre des gens, lien dont le fondement est la
croyance commune ... La laïcité, venue au monde bien
avant la théorie chrétienne, cette laïcité qui n'est rien d'autre
que le peuple des gens (hic et nunc), l'humaine nation dans sa
quotidienne concrétude, se fonde elle sur la solidarité, instaure
la reliance sociale entre des vivants, précisément parce qu'ils sont
vivants et existants là. Cette solidarité laïque, cette reliance qui
s'instaure entre les laïques, est une conséquence de
l'autonomie de chacun de ses composants ; elle n'implique aucune
subordination. Dès lors, pour exister, la laïcité n'a aucun besoin de
singer le religieux et ses rites... La laïcité est un
en soi et vit à l'intérieur de l'humain quotidien, c'est-à-dire du
laïque que je suis, sans qu'il soit besoin de rien d'autre, d'aucun
adjuvant. Tout rite, toute cérémonie, toute marque ou tout
lien d'appartenance est par essence religieux. L'homme, la femme (ô
surtout, la femme !) ne peut appartenir à personne, ne peut appartenir à
rien et encore moins à des entités nébuleuses et
fantasmatiques. Le laïque n'appartient pas à la laïcité, c'est
exactement l'inverse qui est exact. C'est la laïcité qui est propriété
du laïque. On pourrait le dire autrement ainsi : le
laïque et sa propriété. On pressent aisément la portée
révolutionnaire de cette simple affirmation... La femme ne peut
appartenir à personne... Suivez mon regard... L'homme ne peut appartenir
à
rien, ni à personne... Confrontée à la laïcité, toute la société,
toute société patriarcale (ou matriarcale... cela ne change rien)
explose instantanément... Tout signe d'appartenance est signe
de soumission et de soumission forcée à une entité par essence
dictatoriale. Toute religion est par essence liberticide... Comment
pourrait-il en être autrement ? Et par conséquent, la
laïcité ainsi comprise est libertaire... Forcément, libertaire.
« Nous
vivons bien sans D » : telle est la nouvelle campagne de
sensibilisation de l'Uaar afin de donner de la visibilité aux
incroyants, à
leurs instances et à leurs droits. Une série d'affiches ont été
placées à Milan et dans autres villes italiennes pour l'affirmer et pour
rappeler que l'Uaar est aux côtés des athées et des
agnostiques dans la lutte pour leurs droits et contre les
discriminations.
Selon
les recherches les plus
crédibles, il y a dix millions d'incroyants en Italie. Mais ils
n'ont pas voix au chapitre, sont souvent maltraités et parfois,
craignent de s'affirmer publiquement. Nous ne sommes pas dans un
pays laïque, l'influence de l'Église catholique est forte, le
conformisme social obséquieux envers la tradition est répandu et le
laxisme de la politique est évident. En outre, les incroyants
sont l'objet de diabolisation, de préjugés, leur « manque » de foi
est qualifié d'absence d'humanité, de sentiments ou de sens éthique.
Malgré cela, les athées et les agnostiques
peuvent vivre une vie pleine et font partie intégrante de la
société. Et cet « io » (moi) de la campagne, loin d'être une expression
d'égoïsme, d'étroitesse d'esprit, d'isolement ou de
fermeture individualiste, veut être vraiment la valorisation de
cette précieuse individualité possible sans dogmes et sans impératifs
religieux, déclinée à l'enseigne de la liberté et de la
conscience critique. Au fond, dix millions de « moi » font un énorme
« nous ».
À
Milan ont été placées des affiches de 6×3 ( place Belfanti, place
Ospedale Maggiore e via dei Vespri Siciliani). Il y a
aussi un camion-voile qui circule dans les rues de Milan et dans les
communes limitrophes (Segrate, Pioltello, Cernusco, Brugherio, Agrate,
Concorezzo, Monza, Lissone, Muggiò, Cinisello, Cusano,
Bresso, Sesto, Cormano, Paderno, Cesano, Meda, Seregno, Desio,
Seveso, Varedo, Limbiate, Senago, Garbagnate, Caronno, Saronno, Lainate,
Arese, Fiera).
À
Bologne, dix affiches viennent
d’être placées, ou en voie d'affichage via Giotto, via Lipparini,
via Saffi, via Ferrarese, via Terracini, viale Felsina, via Stalingrado,
via Mattei, via Marco Emilio Lepido et dans la commune
de Casalecchio di Reno dans la via Monroe.
Une
campagne toujours plus diffusée rendue possible par l'engagement des
membres et des cercles sur le territoire et qu'on étendra même dans
autres villes, dans les prochaines heures dans
la zone de Cagliari, Olbia et Carbonia. Comme le rapporte la
Repubblica, rappelant comment même dans ce cas, après l'expérience de
l'« ateobus » , il y a eu censure et ostracisme
de la part des sociétés publicitaires. Pour l'instant les prélats
n'ont pas crié au scandale. L'important est qu'athées et agnostiques
d'Italie sachent qu'ils sont nombreux et que l'Uaar est à
leurs côtés chaque jour.
La rédaction
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